
« La progression ne commence pas quand tu cours plus vite.
Elle commence le jour où tu acceptes de ralentir
pour construire des bases solides. »
Nous vivons dans une société où tout va vite. On veut des résultats rapides, des performances immédiates et, en course à pied, beaucoup pensent qu’il faut courir vite pour progresser.
Pourtant, c’est souvent l’inverse qui se produit.
L’une des plus grandes erreurs que je rencontre chez les débutantes, mais aussi chez de nombreux coureurs plus expérimentés, est de courir systématiquement trop vite. À chaque sortie, ils donnent tout ce qu’ils ont. Résultat : ils s’essoufflent, se fatiguent, stagnent et finissent parfois par abandonner.
Si je ne devais donner qu’un seul conseil à une personne qui reprend le sport après 40 ans, ce serait celui-ci : apprends d’abord à courir lentement.
Cela peut sembler paradoxal, mais c’est l’une des clés les plus importantes pour progresser durablement.
- Tu construis une véritable endurance
Lorsque tu cours lentement, ton corps apprend à utiliser l’oxygène de manière beaucoup plus efficace. Ton cœur devient plus performant, tes muscles développent davantage de capillaires et ton organisme utilise mieux les graisses comme source d’énergie.
C’est ce qu’on appelle construire son endurance fondamentale.
Cette base est indispensable, que ton objectif soit de courir 5 kilomètres sans t’arrêter, de terminer un trail ou simplement de retrouver une bonne condition physique.
Une maison solide commence toujours par des fondations solides. En course à pied, ces fondations se construisent… lentement.
- Tu récupères mieux et tu peux t’entraîner plus régulièrement
Courir vite sollicite énormément l’organisme. Les muscles accumulent davantage de fatigue, le système nerveux est plus sollicité et les besoins de récupération augmentent.
À l’inverse, une sortie en endurance fondamentale fatigue beaucoup moins. Tu récupères plus rapidement et tu peux revenir courir quelques jours plus tard sans avoir l’impression d’être « cassée ».
Or, ce n’est pas une séance exceptionnelle qui fait progresser.
Ce sont des semaines, des mois et parfois des années de régularité.
La meilleure séance est celle que tu peux répéter sans te blesser.
- Tu diminues fortement le risque de blessure
Après 40 ans, les capacités de récupération évoluent naturellement. Les tendons sont un peu moins souples, les muscles récupèrent parfois plus lentement et les articulations apprécient davantage une progression progressive.
Vouloir courir trop vite dès les premières semaines augmente les contraintes sur le corps.
En courant lentement, tu laisses le temps à tes muscles, tes tendons et tes articulations de s’adapter progressivement aux impacts de la course.
Cette progression douce est souvent la meilleure assurance contre les blessures.
- Tu apprends à écouter ton corps
Courir lentement permet également de retrouver de bonnes sensations.
Tu peux respirer normalement, observer ton environnement, travailler ta posture et prendre conscience de ton rythme.
Petit à petit, tu développes une meilleure connaissance de ton corps.
Tu apprends à reconnaître les jours où tu es en pleine forme, ceux où tu as besoin de ralentir, et tu comprends que chaque séance n’a pas besoin d’être difficile pour être efficace.
Cette écoute est précieuse, notamment chez les femmes de plus de 40 ans, dont les capacités peuvent varier en fonction de la fatigue, du stress ou des changements hormonaux.
- Tu iras plus vite… en courant moins vite
C’est probablement le point qui surprend le plus.
Les meilleurs marathoniens du monde réalisent eux aussi une grande partie de leurs entraînements à allure très facile.
Pourquoi ?
Parce que ces sorties développent leur capacité aérobie, améliorent leur récupération et leur permettent d’être performants lorsque les séances rapides arrivent.
Pour progresser, il ne faut pas courir vite tout le temps.
Il faut alterner les intensités, et la majorité des kilomètres doit être réalisée à une allure confortable.
C’est cette stratégie qui permet, au fil des semaines, de courir naturellement plus vite… sans avoir l’impression de forcer davantage.
Le conseil de coach MagdaMove
Si tu débutes la course à pied, oublie l’idée de courir le plus vite possible.
Commence simplement par alterner une minute de course et une minute de marche, pendant une vingtaine de minutes.
Et lorsque je parle de course, je parle de trottiner, pas de sprinter.
Tu dois pouvoir tenir une conversation en courant. Si tu es complètement essoufflée après quelques dizaines de secondes, c’est que tu vas trop vite.
Ne sois pas pressée.
Chaque sortie construit un peu plus ton endurance, renforce ton corps et développe ta confiance.
Au bout de quelques semaines, tu seras souvent surprise de constater que tu cours plus longtemps, avec moins d’effort et davantage de plaisir.
Et c’est exactement cela, le véritable progrès.
En résumé
Courir lentement n’est pas un signe de faiblesse. C’est une stratégie d’entraînement utilisée aussi bien par les débutants que par les athlètes de haut niveau.
En ralentissant, tu :
- développes une meilleure endurance ;
- récupères plus facilement ;
- réduis le risque de blessure ;
- prends davantage de plaisir à courir ;
- construis les bases qui te permettront de courir plus vite demain.
Chez MagdaMove, je le répète souvent à mes élèves : on ne progresse pas en se mettant dans le rouge à chaque séance. On progresse en respectant son corps, en étant régulière et en avançant pas à pas.
Parce que courir, ce n’est pas seulement aller plus vite. C’est surtout pouvoir continuer à bouger longtemps, en bonne santé et avec le sourire.
