Sport après 40 ans

Là où tout a commencé

Par Magda Sochacka
— Coach Sport Santé & Endurance
3 minutes de lecture
— Mis à jour le 27 août 2026
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Là où tout a commencé

 

Juin 2022

Je ne savais pas encore que cette semaine allait changer une partie de ma vie.

Je venais à Chamonix pour participer au Marathon du Mont-Blanc. Quarante-deux kilomètres, 2 500 mètres de dénivelé positif. À l’époque, cela représentait déjà un immense défi. Je m’étais entraînée sérieusement, avec le respect que l’on doit à la montagne, mais sans imaginer une seconde ce qui m’attendait.

Dès mon arrivée, j’ai compris que Chamonix n’était pas une ville comme les autres.

Ici, tout semble vivre au rythme de la montagne.

Les glaciers dominent la vallée. Les sommets paraissent inaccessibles. Les rues sont remplies de randonneurs, d’alpinistes et de coureurs venus du monde entier. On entend toutes les langues, mais tout le monde partage le même regard lorsqu’il lève les yeux vers le massif du Mont-Blanc.

Moi aussi.

Depuis toujours, les Alpes exercent sur moi une fascination difficile à expliquer. Elles m’impressionnent autant qu’elles m’attirent.

Le Mont-Blanc, surtout. J’ai essayé deux fois d’en atteindre le sommet. Deux fois, j’ai dû renoncer. La première fois, la météo ne nous a laissé aucune chance. La deuxième, c’est mon corps qui m’a rappelé ses limites. L’altitude m’a terrassée bien avant le sommet.

Sur le moment, j’ai ressenti une immense frustration. Aujourd’hui, je sais que la montagne ne se conquiert jamais. Elle nous accepte… ou elle nous demande de revenir une autre fois. Quelques jours plus tard, je prenais le départ du Marathon du Mont-Blanc.

Je me souviens encore des sentiers, des longues montées où les jambes brûlent, des descentes techniques, des encouragements des bénévoles et de cette sensation incroyable de courir dans un décor qui semblait irréel.

Mais ce n’est pas la course qui a marqué ma mémoire. C’est ce qui s’est passé après.

En me promenant dans Chamonix, je voyais partout des affiches portant quatre lettres que je connaissais à peine : UTMB.

J’observais les coureurs. Certains parlaient d’une course de 50 kilomètres, d’autres évoquaient la TDS. Et puis j’ai entendu parler de l’UTMB. Cent soixante et onze kilomètres, près de 10 000 mètres de dénivelé positif. Le tour complet du massif du Mont-Blanc.

Pour moi, c’était presque inimaginable.

Comment pouvait-on courir pendant près de deux jours autour de la plus haute montagne d’Europe ?

Je regardais ces femmes et ces hommes avec une admiration immense. Ils avaient l’air ordinaires, ils souriaient, ils riaient. Pourtant, ils allaient accomplir quelque chose qui me semblait réservé à une autre planète. Je me souviens très bien de la pensée qui m’a traversé l’esprit.

« Un jour… peut-être. »

Je savais déjà que l’UTMB resterait probablement hors de ma portée. 160km et 10 000 D+. Ce rêve appartenait peut-être à d’autres.

Mais il existait une autre course… la CCC 100km et environ 6 500 mètres de dénivelé. Elle traversait l’Italie, la Suisse et la France avant de rejoindre Chamonix.

Cent kilomètres.

À cette époque, cela me semblait presque aussi impossible que l’UTMB. Et pourtant… Une petite graine venait d’être semée.

Je suis repartie de Chamonix avec une médaille autour du cou, mais surtout avec un rêve dans la tête. Je ne savais pas combien d’années il me faudrait, je ne savais pas si j’en serais capable. Je ne savais même pas si mon nom sortirait un jour au tirage au sort.

Je savais seulement une chose.

Un jour, je reviendrais.

Et lorsque je reviendrais, ce ne serait plus pour courir un marathon, ce serait pour tenter de devenir finisher de la CCC.

Je n’imaginais pas encore que ce rêve allât occuper mes pensées pendant des années.

Je n’imaginais pas non plus que la montagne allait m’offrir une des plus belles leçons de ma vie.

La suite reste à écrire …

 

(écrit 10/09/2022)